L'ŒIL RÉGIONAL

La femme qui murmurait à l'oreille de ses pinceaux

Certaines œuvres de Léa Rivière d'Otterburn Park sont déjà à Toronto pour le Toronto International Art Fair. D'autres seront accrochées à la Galerie d'Avignon à Montréal pour l'exposition Le Temps des Cavalières.

Léa Rivière préfère l'énergie du soir et de la nuit pour créer. Sa tendance insomniaque la sert bien. Dans ses toiles où le cheval côtoie un être féminin, l'artiste tente de retrouver la nature sauvage de la femme. Le cheval en tant que protecteur, guide et complice et la femme en tant que déité. "Je veux redonner un visage féminin au sacré de mon humble point de vue." Elle souligne qu'un grand pan de l'histoire des femmes a disparu de la mémoire collective.

Les œuvres de Léa Rivière sont empreintes d'une énergie mystique. "J'adore les fossiles et tout ce qui touche la mémoire de la terre. Je suis complètement fascinée par la quête intérieure et la recherche de qui nous sommes." Une identité de contrastes : l'immensité et le détail. Elle décrit ses toiles comme des grandes surfaces de matières qui se répondent. Les textures très riches se marient avec les lignes plus sobres des dessins. "Je suis une amoureuse du dessin."

L'artiste prend bien soin de cacher sa gomme lorsqu'elle dessine. "La principale difficulté en dessin c'est qu'on passe son temps à gommer parce qu'on pense qu'on s'est trompé." Il faut faire confiance à son geste. Le dessin est un jeu et non une correction sinon on perd le trait de l'instant. Elle ne recommence que rarement ses croquis à moins d'être passée totalement à côté de l'émotion.

Beaucoup à dire Lorsqu'elle crée, Léa Rivière s'éparpille sur six toiles à la fois. "Je suis une impulsive. J'ai trop de choses à dire. Si je peins tout sur le même tableau, c'est le désordre le plus total", explique-t-elle. Elle préfère dire peu mais dire juste. Celle qui se sent plutôt mal à l'aise dans les petits formats s'amuse tout de même avec l'estampe. "C'est un jeu, une exploration."

Léa Rivière est établie à Otterburn Park depuis 13 ans. Elle a déjà enseigné à l'Atelier libre de Beloeil ainsi qu'à Mont-Saint-Hilaire. Plusieurs de ses œuvres sont exposées en Floride ainsi qu'en France.L'exposition Le Temps des Cavalières débutera le 26 novembre pour se terminer le 14 décembre.Le vernissage aura lieu le 3 décembre dès 17 h, à la Galerie d'Avignon, 102, avenue Laurier Ouest à Montréal.