COURRIER HIPPIQUE - LE MAGAZINE ÉQUESTRE DU QUÉBEC

Léa Rivière
Les cavalières célestes

Par quelle alchimie l’art ouvre-t-il la porte entre le conscient et l’inconscient pour dévoiler un domaine mystérieux, tant pour l’artiste que pour le spectateur ? … Lorsque le pinceau touche la toile, les murs de la réalité s’estompent et font place à l’univers infini du monde de la créativité. Pour Léa Rivière, ce qu’elle appelle «danser avec la vie » commence par cette traversée du miroir, dans la trace vibrante du tout premier coup de crayon. C’est par de captivantes et sensuelles images, nées de l’association d’un esprit et d’un talent singuliers, qu’elle nous entraîne dans la magie de son royaume imaginaire. Les chevaux y règnent, splendides étalons esquissés avec la finesse d’un Léonard de Vinci, accompagnés de figures féminines plus amoureuses que cavalières. La relation symbiotique et tendre du cheval et de la femme est à la source du prolifique travail de Léa Rivière. Dans son atelier calme et lumineux, les grandes toiles resplendissantes de formes et de couleurs, sont autant de portes Renaissance. Ici, la beauté se dissimule dans la croupe lisse et veloutée d’un étalon, dans la sensuelle courbe de la hanche d’une femme. Les deux sont dessinées comme un seul être, les lignes se superposent, valsent ensemble

Au-delà des évidentes corrélations de formes dessinée. La femme bridée dans ses élans comme un cheval dans son harnais réclamait sa nature sauvage. Le cheval, symbole de liberté, la lui rendait. Ainsi, monté à cru, crinière au vent, le cheval pour Léa Rivière est plus qu’une monture : c’est la figure emblématique d’un instinct assumé et d’une liberté trouvée.

Dorota Kozinska, Montréal 2003
Traduction S.Kovalosky